Cartographic Relativity Relativité cartographique

What “up north” means, by province

Ce que « dans le nord » veut dire, par province

Where it starts depends entirely on where you already are. The concept is less a latitude and more a feeling that the Tim Hortons locations are getting farther apart.

Où ça commence dépend entièrement d’où vous êtes déjà. Le concept est moins une latitude qu’un sentiment que les Tim Hortons s’espacent de plus en plus.

Every Canadian has a north. It is not a fixed point on a map. It is a direction, a feeling, and a mild argument waiting to happen. “Up north” is where you go when you leave. It is where cell service becomes unreliable. It is where the radio stations thin out and the trees get shorter and the sky gets bigger in a way you did not realize sky could. But where “up north” begins is entirely a function of where you start, which means that 38 million people are using the same phrase to describe completely different places, and every single one of them believes their version is the correct one.

Chaque Canadien a un nord. Ce n’est pas un point fixe sur une carte. C’est une direction, un sentiment, et une petite chicane qui attend de pogner. « Dans le nord », c’est là où on va quand on part. C’est là où le réseau cellulaire devient douteux. C’est là où les stations de radio se raréfient, où les arbres rapetissent et où le ciel s’agrandit d’une façon qu’on ne savait même pas que le ciel pouvait. Mais l’endroit où « le nord » commence dépend entièrement d’où vous partez, ce qui veut dire que 38 millions de personnes utilisent la même expression pour décrire des endroits complètement différents, et chacune d’entre elles est convaincue que sa version est la bonne.

Ontario: the Barrie Line

Ontario : la ligne Barrie

In Ontario, “up north” begins at Barrie. This is controversial. Barrie is an hour from Toronto on a good traffic day, it has a Costco and a multiplex and a GO Transit station, and calling it “north” would strike anyone from Timmins or Kapuskasing or Red Lake as evidence of a worldview so narrow it barely extends past the 407. And yet, for millions of people in the Greater Toronto Area, Barrie is where north starts, because Barrie is where the 400 begins to feel different: the terrain changes, the Canadian Shield starts shouldering through, and the gas stations begin selling firewood and bait. North, in Ontario, is not a geography lesson. It is the point where the suburbs stop and the granite starts.

Real north, in Ontario, is something else entirely. Sudbury is north. Sault Ste. Marie is north. Thunder Bay is so far north and west that it is closer to Winnipeg than to Toronto, a fact that Thunder Bay residents mention with the weary regularity of people who have explained this at every party they have ever attended. Kenora, on the Manitoba border, is functionally a Winnipeg suburb that Ontario claims for tax purposes. And then there is the true north of Ontario: Moosonee, accessible only by train or plane, sitting on James Bay, where “up north” stops being a weekend destination and starts being a description of where people actually live, year-round, in communities that the south forgets about between news cycles.

En Ontario, « le nord » commence à Barrie. C’est controversé. Barrie est à une heure de Toronto un bon jour de trafic, la ville a un Costco, un cinéma et une station GO Transit, et l’appeler « le nord » frapperait quiconque de Timmins, de Kapuskasing ou de Red Lake comme la preuve d’une vision du monde tellement étroite qu’elle dépasse à peine la 407. Et pourtant, pour des millions de gens dans la région du Grand Toronto, Barrie est là où le nord commence, parce que Barrie est là où la 400 commence à se sentir différente : le terrain change, le Bouclier canadien commence à percer, et les stations-service se mettent à vendre du bois de chauffage et des appâts. Le nord, en Ontario, ce n’est pas un cours de géographie. C’est le point où les banlieues s’arrêtent et où le granite commence.

Le vrai nord, en Ontario, c’est tout autre chose. Sudbury, c’est le nord. Sault Ste. Marie, c’est le nord. Thunder Bay est tellement loin au nord et à l’ouest que c’est plus proche de Winnipeg que de Toronto, un fait que les résidents de Thunder Bay mentionnent avec la régularité lasse de gens qui l’ont expliqué à chaque soirée où ils sont allés de toute leur vie. Kenora, à la frontière manitobaine, est fonctionnellement une banlieue de Winnipeg que l’Ontario réclame à des fins fiscales. Et puis il y a le vrai nord de l’Ontario : Moosonee, accessible seulement par train ou par avion, assise sur la baie James, où « le nord » cesse d’être une destination de fin de semaine et commence à décrire l’endroit où des gens vivent vraiment, à l’année, dans des communautés que le sud oublie entre les cycles de nouvelles.

North is not a place. North is the point where your phone stops pretending it has signal and you stop pretending you care.
Le nord, ce n’est pas un endroit. Le nord, c’est le moment où ton téléphone arrête de faire semblant d’avoir du signal et où toi, tu arrêtes de faire semblant que ça te dérange.

Québec: two norths

Québec : deux nords

Québec has two entirely separate norths, and they do not overlap. The recreational north is the Laurentians: Mont-Tremblant, Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Val-Morin. It begins forty-five minutes from Montréal, it is extremely well-served by restaurants, and calling it “north” in front of someone from Chibougamau will earn you a look of such withering dismissal that you will not recover for the rest of the conversation. Then there is the real north: Abitibi-Témiscamingue, the Côte-Nord, Saguenay-Lac-Saint-Jean (which considers itself northern on cultural grounds regardless of latitude), and then Nunavik, Québec’s enormous northern territory, which is Inuit land, home to about 13,000 people in 14 communities, accessible by air, and so far north that the treeline is a memory and the sun does not set in June. When a Montréaler says “up north,” they mean the Laurentians. When an Inuk from Kuujjuaq says it, there is nowhere left to go.

Le Québec a deux nords complètement séparés, et ils ne se chevauchent pas. Le nord récréatif, ce sont les Laurentides : Mont-Tremblant, Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Val-Morin. Ça commence à quarante-cinq minutes de Montréal, c’est extrêmement bien desservi côté restaurants, et appeler ça « le nord » devant quelqu’un de Chibougamau va vous valoir un regard d’un mépris tellement dévastateur que vous ne vous en remettrez pas pour le reste de la conversation. Puis il y a le vrai nord : l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean (qui se considère nordique pour des raisons culturelles peu importe la latitude), et ensuite le Nunavik, l’énorme territoire nordique du Québec, qui est une terre inuite, où vivent environ 13 000 personnes dans 14 communautés, accessibles par avion, et tellement au nord que la limite des arbres est un souvenir et que le soleil ne se couche pas en juin. Quand un Montréalais dit « dans le nord », il parle des Laurentides. Quand un Inuk de Kuujjuaq le dit, il n’y a plus nulle part où aller.

The Prairies: past the last city

Les Prairies : passé la dernière ville

Alberta’s north begins past Edmonton, which is already one of the northernmost major cities in the world and yet somehow functions in the Albertan imagination as a midpoint. North of Edmonton is Athabasca, then Fort McMurray (which is not technically northern but is remote enough and cold enough to qualify on vibes), then Peace River, High Level, and eventually the border with the Northwest Territories. The oil sands are in Alberta’s north. So is Wood Buffalo National Park, which is larger than Switzerland and contains the world’s largest beaver dam, a structure visible from space that was built entirely without permits.

Le nord de l’Alberta commence passé Edmonton, qui est déjà l’une des grandes villes les plus au nord du monde et qui fonctionne pourtant, dans l’imaginaire albertain, comme un point milieu. Au nord d’Edmonton, il y a Athabasca, puis Fort McMurray (qui n’est pas techniquement nordique mais qui est assez isolée et assez froide pour se qualifier sur l’ambiance), puis Peace River, High Level, et finalement la frontière avec les Territoires du Nord-Ouest. Les sables bitumineux sont dans le nord de l’Alberta. Le parc national Wood Buffalo aussi, qui est plus grand que la Suisse et qui contient le plus grand barrage de castors au monde, une structure visible depuis l’espace construite entièrement sans permis.

THE SASKATCHEWAN DISTINCTION

Saskatchewan’s north begins at La Ronge, a town of about 2,700 that serves as the gateway to a vast landscape of boreal forest, lakes, and Indigenous communities that most southern Saskatchewanians have never visited. North of La Ronge, the roads become gravel, then seasonal, then theoretical. Stony Rapids, in the far northeast corner, is fly-in only. Prince Albert, a city of 37,000, is often called “the Gateway to the North,” a title that manages to be both a point of civic pride and an admission that the city itself is not quite northern enough to simply be “the North” without the gateway metaphor.

LA DISTINCTION SASKATCHEWANAISE

Le nord de la Saskatchewan commence à La Ronge, une ville d’environ 2 700 habitants qui sert de porte d’entrée à un vaste paysage de forêt boréale, de lacs et de communautés autochtones que la plupart des Saskatchewanais du sud n’ont jamais visitées. Au nord de La Ronge, les routes deviennent du gravier, puis saisonnières, puis théoriques. Stony Rapids, dans le coin nord-est extrême, n’est accessible que par avion. Prince Albert, une ville de 37 000 habitants, est souvent appelée « la porte du Nord », un titre qui réussit à être à la fois un motif de fierté municipale et un aveu que la ville elle-même n’est pas assez nordique pour simplement être « le Nord » sans la métaphore de la porte.

Manitoba’s north is dramatic and abrupt. Below the 53rd parallel, it is prairie farmland. Above it, the boreal forest begins, and the road system thins rapidly. Thompson, a mining town of about 13,000, is the practical hub of the Manitoba north. Churchill, on Hudson Bay, is accessible only by rail or air (the rail line itself was out of service from 2017 to 2018 after severe flooding, stranding the town in a way that made national news and then faded from national attention, as northern stories tend to do). Churchill has polar bears. It has beluga whales. It has about 900 people and a reputation that wildly exceeds its population, because it is the place southerners go when they want to say they have been to the north without committing to anything more structurally challenging.

Le nord du Manitoba est dramatique et abrupt. Sous le 53e parallèle, c’est la prairie agricole. Au-dessus, la forêt boréale commence, et le réseau routier s’amincit rapidement. Thompson, une ville minière d’environ 13 000 habitants, est la plaque tournante pratique du nord manitobain. Churchill, sur la baie d’Hudson, n’est accessible que par train ou par avion (la ligne de chemin de fer elle-même était hors service de 2017 à 2018 après de graves inondations, isolant la ville d’une façon qui a fait les manchettes nationales pour ensuite disparaître de l’attention nationale, comme les histoires du nord ont tendance à le faire). Churchill a des ours polaires. Elle a des bélugas. Elle a environ 900 habitants et une réputation qui dépasse largement sa population, parce que c’est l’endroit où les gens du sud vont quand ils veulent dire qu’ils sont allés dans le nord sans s’engager dans quoi que ce soit de plus structurellement exigeant.

British Columbia: it depends on the valley

Colombie-Britannique : ça dépend de la vallée

British Columbia does not have a clean north-south divide because British Columbia does not have a clean anything. The province is a series of mountain ranges, valleys, and microclimates that make any generalization immediately wrong. Prince George, roughly in the centre of the province, is generally acknowledged as where “the north” begins: north of Prince George is Vanderhoof, Burns Lake, Smithers, Terrace, Prince Rupert on the coast, and then the long Highway 37 corridor up to the Yukon border. But a person in Kamloops might call Quesnel north. A person in Vancouver might call Whistler north, which would get them laughed out of any room in Dawson Creek, a town so northern that it is named after a creek, not the television show, and is tired of clarifying.

La Colombie-Britannique n’a pas de division nord-sud nette parce que la Colombie-Britannique n’a rien de net. La province est une série de chaînes de montagnes, de vallées et de microclimats qui rendent toute généralisation immédiatement fausse. Prince George, à peu près au centre de la province, est généralement reconnu comme l’endroit où « le nord » commence : au nord de Prince George, il y a Vanderhoof, Burns Lake, Smithers, Terrace, Prince Rupert sur la côte, puis le long corridor de la route 37 jusqu’à la frontière du Yukon. Mais quelqu’un à Kamloops pourrait appeler Quesnel le nord. Quelqu’un à Vancouver pourrait appeler Whistler le nord, ce qui le ferait expulser de n’importe quelle pièce à Dawson Creek, une ville tellement nordique qu’elle porte le nom d’un ruisseau, pas de la série télé, et qui est fatiguée de le préciser.

The Maritimes: a different compass

Les Maritimes : une boussole différente

The Maritimes do not really do “up north” in the way the rest of the country does, because the Maritimes are small enough that the concept does not have room to breathe. Nova Scotia is 575 kilometres long. You can drive from one end to the other in a day. The Cabot Trail, on Cape Breton, is sometimes described as northern, but Cape Breton is more “away” than “north” in the Maritime imagination: it is culturally distinct, geographically dramatic, and periodically threatening to separate from the rest of the province. New Brunswick has a north (the Acadian coast, Campbellton, Edmundston), but a New Brunswicker going “up north” is more likely talking about going to camp for the weekend than making any grand geographical statement. Prince Edward Island is 224 kilometres long and does not have a north. It barely has a middle.

Les Maritimes ne font pas vraiment « le nord » de la même façon que le reste du pays, parce que les Maritimes sont assez petites pour que le concept n’ait pas la place de respirer. La Nouvelle-Écosse fait 575 kilomètres de long. On peut la traverser d’un bout à l’autre en une journée. Le Cabot Trail, au Cap-Breton, est parfois décrit comme nordique, mais le Cap-Breton est plus « ailleurs » que « dans le nord » dans l’imaginaire maritime : c’est culturellement distinct, géographiquement spectaculaire, et ça menace périodiquement de se séparer du reste de la province. Le Nouveau-Brunswick a un nord (la côte acadienne, Campbellton, Edmundston), mais un Néo-Brunswickois qui dit « dans le nord » parle plus probablement d’aller au chalet pour la fin de semaine que de faire une grande déclaration géographique. L’Île-du-Prince-Édouard fait 224 kilomètres de long et n’a pas de nord. Elle a à peine un milieu.

The territories: where north already is

Les territoires : là où le nord est déjà

The Yukon, Northwest Territories, and Nunavut are the actual north. Not “up north” in the recreational, weekend-getaway sense. North in the sense that the sun disappears for weeks, that supply chains depend on ice roads and cargo planes, that temperatures reach minus fifty with a regularity that would be newsworthy in the south and is simply Tuesday in Inuvik. Iqaluit, the capital of Nunavut, is on Baffin Island. Yellowknife, the capital of the Northwest Territories, sits on the shore of Great Slave Lake and has about 20,000 people, a legislative assembly shaped like an igloo, and northern lights in September. Whitehorse, the capital of the Yukon, has about 29,000 people and an annual dog-sled race and summer days where the sun is up for twenty hours and nobody is particularly surprised.

When someone from Iqaluit hears a Torontonian describe Barrie as “up north,” the response is not anger. It is a silence so eloquent it could sustain a doctoral thesis. North, in Canada, is not one thing. It is a stack of overlapping mental maps, each drawn by someone standing on their own front step, looking at the road that leads away from everything they know, and calling what lies beyond it the same word everyone else uses for the same feeling: the place past the last thing you recognize, where the country opens up and does not close again for a very long time.

Le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut sont le vrai nord. Pas « dans le nord » au sens récréatif de l’escapade de fin de semaine. Le nord au sens où le soleil disparaît pendant des semaines, où les chaînes d’approvisionnement dépendent de routes de glace et d’avions-cargos, où les températures atteignent moins cinquante avec une régularité qui ferait les manchettes dans le sud et qui est simplement mardi à Inuvik. Iqaluit, la capitale du Nunavut, est sur l’île de Baffin. Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord-Ouest, est assise sur la rive du Grand lac des Esclaves, compte environ 20 000 habitants, une assemblée législative en forme d’igloo, et des aurores boréales en septembre. Whitehorse, la capitale du Yukon, a environ 29 000 habitants, une course annuelle d’attelage de chiens, et des journées d’été où le soleil est là pendant vingt heures sans que personne ne soit particulièrement surpris.

Quand quelqu’un d’Iqaluit entend un Torontois décrire Barrie comme « le nord », la réaction n’est pas la colère. C’est un silence tellement éloquent qu’il pourrait soutenir une thèse de doctorat. Le nord, au Canada, ce n’est pas une seule chose. C’est un empilement de cartes mentales qui se chevauchent, chacune dessinée par quelqu’un debout sur le pas de sa porte, regardant la route qui mène loin de tout ce qu’il connaît, et appelant ce qui se trouve au-delà le même mot que tout le monde utilise pour le même sentiment : l’endroit passé la dernière chose que tu reconnais, où le pays s’ouvre et ne se referme plus pendant très longtemps.

Sources listed, corrections welcomed. Written with the assumption you’ve been here, or want to be. If neither, the essays still apply.

Sources citées, corrections bienvenues. Écrit en supposant que vous êtes déjà passé, ou que vous aimeriez. Sinon, les essais s’appliquent quand même.

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